Dans le cadre du Programme de renforcement institutionnel en matière technologique en Afrique francophone-PRIMTAF II, un projet amorcé par Garneau-International en 2001 et en voie d’être terminé, était inclus un volet concernant «protection et la sensibilisation à l’environnement» . Mais avant de réaliser tout programme de formation et de sensibilisation environnementale, il s'avère indispensable de bien saisir l'état de l'environnement du pays et de vérifier les modes de gestion en vigueur. Dans un pays peu développé, les préoccupations environnementales et les principales problématiques qui y sont liées sont fort différentes que celles qui prévalent dans un contexte de pays avancé. Conséquemment, en vue d'atteindre les buts visés, cette mission de nature environnementale a été effectuée en deux phases:
Phase 1 : Mission d’exploration (du 1 er au 9 décembre 2003) axée sur un programme de rencontres et de visites afin de connaître les différentes problématiques et d'établir les besoins de formation;
Phase 2 : Mission de formation (du 31 janvier au 4 février 2005) s’adressant à des représentants-tes provenant de Centres de formation reliés à l’éducation technique et des milieux communautaires bien placés pour assurer un prolongement et un rayonnement des valeurs environnementales dans leur secteur respectif.

Dans un quartier du centre-ville de Bissau, les participants à la formation ont pu faire un constat environnemental des lieux.
Le premier séjour nous a permis de recueillir dans la capitale Bissau et dans la ville secondaire de Gabu de l’information auprès de différents ministères, organismes de conservation et associations nationales et de quartiers sur leurs interventions de nature environnementale, et plus particulièrement, sur les actions concrètes réalisées en vue de l’amélioration du cadre de vie des populations urbaines. Ces rencontres jumelées à l’observation sur le terrain, nous ont permis de brosser un constat peu reluisant de l’état de l’environnement urbain et d’identifier d’énormes défis dont les suivants:
Solutionner ces problématiques environnementales dans un pays peu organisé sur le plan administratif, sans moyens financiers et encore marqué par la guerre civile de la dernière décennie représente tout un programme.
À notre deuxième séjour, nous visions davantage par notre formation, en partie axée sur les problèmes ci-dessus mentionnés, à renforcer les connaissances environnementales des participants-tes et à améliorer leurs capacités de diffuseurs et de sensibilisateurs de leurs milieux respectifs à l’égard des enjeux environnementaux, notamment en milieu urbain. Notre instrument privilégié de formation a été basé sur un guide environnemental inspiré sur celui réalisé au Laos en 2001, mais adapté à la situation bissau-guinéenne.
À la lumière des commentaires des onze personnes ayant participé une activité de formation, l’expérience a donné des résultats concluants. Plusieurs d’entre elles auraient souhaité participer à une autre session de formation, d’autres ont même suggéré la création d’un regroupement ou la constitution d’un réseau d’échanges d’informations et d’actions environnementales. Encourageant n’est-ce pas de voir comment une minime contribution intellectuelle peut générer de nouvelles idées, de nouveaux espoirs !
Gaston Cadrin, géographe environnementaliste– Mai 2005