Dans le cadre du Programme de renforcement institutionnel en matière technologique en Afrique francophone-PRIMTAF II, un projet amorcé par Garneau-International en 2001 et en voie d’être terminé, était inclus un volet concernant «protection et la sensibilisation à l’environnement» . Pour réaliser cet objectif d'insérer certaines préoccupations environnementales dans les programmes de formation technique au Cap Vert, il s'est avéré primordial, dans un premier temps, de bien saisir l'état de l'environnement du pays et de vérifier les modes de gestion en vigueur. Ce qui fut fait dans une première mission environnementale qui s'était déroulée entre le 23 et le 30 novembre 2003. Dans un deuxième temps, au cours de la récente mission (du 14 au 18 février 2005), nous avons travaillé avec une équipe de personnes directement impliquée en formation professionnelle dans les différents Centres d'emploi du pays ou à l'Institut national chargé de cette compétence.

Principales problématiques environnementales du Cap Vert

Le Cap Vert, un pays insulaire localisé dans le prolongement occidental de la zone sahélienne, est aux prises avec un défi énorme: la rareté de l’eau . La répartition des précipitations dans l'archipel est inégale et les îles qui accueillent les plus fortes concentrations de population, comme Santiago où se localise la capitale Praia, sont souvent celles où le bilan hydrique risque d'être le plus précaire dans l'avenir en raison des changements climatiques appréhendés. Paradoxalement, les éléments géographiques (littoral sablonneux, paysage et belle température) incite le pays à encourager le développement axé sur le tourisme, un secteur nécessitant une forte consommation de la ressource eau.

L’autre problématique importante est la gestion des matières résiduelles ou des déchets. Actuellement, dans ce pays comme dans la très grande majorité des pays en développement, cette gestion est déficiente. Les principes 3R-V, (récupération, recyclage, réutilisation et valorisation) ne sont pas appliqués, car tous les déchets sont recueillis en vrac et brûlés dans un dépotoir en périphérie de la ville. Pire plusieurs habitants ne participent pas au système de ramassage public des déchets et choisissent, par manque de sensibilisation ou le plus souvent pour des raisons financières, de déposer leurs résidus domestiques en bordure des voies publiques ou du littoral océanique, ce qui constitue une nuisance esthétique et une source de dégradation de l’eau et de l’hygiène du milieu.

Enfin, là comme ailleurs, les questions d’aménagement et de développement rationnels des villes sont préoccupantes, notamment dans les centres urbains qui connaissent les plus fortes progressions démographiques.

Objectifs et résultats de la mission de formation environnementale

Cette formation au Cap Vert avait comme principal objectif: d’insérer dans le programme de formation des plombiers (programme conçu et élaboré avec la collaboration des formatrices de Garneau-International depuis 2001) des notions environnementales afin de sensibiliser les futurs plombiers à ces dimensions et favoriserl’adoption dans leur comportement et leur travail d’un réflexe de protection de l’environnement. Dès la première rencontre, après discussion sur le sujet, l'équipe cap-verdienne, constituée de 11 formateurs provenant pour la plupart de la filière des Centres d'emploi et de formation professionnelle, décida de réajuster ou d'élargir l'objectif initial.

Les participants ont exprimé plutôt le voeu que le contenu de la formation et du module à produire ait un spectre plus transversal, c’est-à-dire que les notions environnementales puissent servir de base à l’élaboration d’une composante environnementale qui pourrait être intégrée à divers programmes de formation professionnelle, non seulement au programme de plomberie. Leur désir était de profiter d’une formation environnementale plus vaste quitte à en adapter, plus tard, le contenu selon les divers besoins des différentes techniques professionnelles.

Grâce à mes expériences antérieures, notamment au Laos dans le cadre du projet de Garneau-International        «de l’environnement urbain» où un Guide environnemental fut élaboré et de la formation récente dispensée en Guinée-Bissau (31 janvier au 4 février 2005) dans le cadre du même projet (PRIMTAF II), il fut relativement aisé de répondre à cette demande de formation plus large. De plus, dans un contexte de pays en développement où les formations en environnement ne sont pas toujours reconnues comme prioritaires, il n'est que normale que les participants éprouvent une volonté réelle d'acquérir plus de connaissances dans ce domaine.

Conséquemment, les principales thématiques abordées ont été les suivantes:

À la lumière des connaissances acquises en 2003 sur l’état de l’environnement du Cap Vert, il a été facile d’adapter le guide au contexte du pays et aux besoins de la formation. En plus des textes spécifiques sur l’état de l’environnement au Cap Vert, des figures, des tableaux et des exercices ont été intégrés, ce qui a permis de présenter un contenu plus compréhensible et plus dynamique.

En complément des deux documents de base utilisés, le formateur s’est servi de nombreux transparents qui ont permis d’expliquer adéquatement des concepts, des techniques et pratiques en environnement. Les exercices effectués ont permis aux participants d’amorcer une réflexion environnementale sur leur propre milieu; ceci constituant une première phase importante pour le transfert éventuel des connaissances acquises dans leur secteur respectif d’activités. Enfin, avec la visite sur le terrain de l’usine de désalinisation de l’eau (Électra) et du chantier de construction d’un complexe résidentiel de l’entreprise Tecnicil à Praia, les membres de l’équipe ont pu parfaire leurs connaissances environnementales et en vérifier l’application sur le terrain, notamment dans le secteur de la construction.

Dans une telle formation, il est parfois difficile de saisir la portée immédiate des résultats, mais à la suite de l’examen de l’évaluation et des commentaires des participants, nous croyons que les résultats ont été largement atteints. Toutefois, les retombées concrètes dépendent de la façon dont le contenu et les éléments de sensibilisation à l’environnement de cette mission seront réutilisés par chacun des participants dans les programmes de formation technique ou dans la vie de tous les jours. Malheureusement, dans les missions de coopération de courte durée, la vérification de ces données futures demeure difficile à réaliser.

Gaston Cadrin, géographe-environnementaliste Mai 2005

Jeune porteur d'eau
Les ânes portent des chambres à air remplies d'eau
Jeunes enfants porteurs d'eau